Dr Valérie DELAVANT

La médecine m’a toujours fasciné. La phase des « pourquoi » dans mon enfance a d’ailleurs du sembler très longue à mes parents: « pourquoi j’ai un bleu », « pourquoi j’ai de la fièvre », »pourquoi le bébé dans le ventre ne respire pas ». L’amour et le respect des animaux étant inhérent à ma personne, le choix du métier de vétérinaire s’est rapidement présenté à moi comme une évidence. Ma passion pour ce métier réside tant dans l’abord pluridisciplinaire des soins, que dans l’accompagnement des gens dans une démarche respectueuse de l’animal où la prévention et la gestion de l’environnement prend toute son importance. Ayant eu la chance de beaucoup voyager, j’ai pu m’imprégner du fait que quelque soit le niveau socio-culturel d’un individu, il était possible de traiter dignement un animal. Que ce soit le cas des éléphants avec leurs cornacs, des chèvres accompagnants les bédouins, des zébus dans un village dogon, des ours brun dans les yosemites, des baleines aux azores,…une vie en symbiose est possible. Gandhi ne dit-il pas : « On reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux ». Trève de transgression. Mon cheminement est passé par divers stages, comme dans un orphelinat animalier en Côte-d’Ivoire ou dans un programme de préservation des tortues Caretta caretta au Cap Vert. J’ai été diplômée en 2007 à l’ulg de Liège. Le pouvoir de guérison par les mains m’a rapidement intrigué puis passionné. Ma formation en ostéopathie en 2008 parvint à résoudre mon dilemne de « comment soigner un animal croisant votre chemin si vous n’êtes pas équipé à ce moment de votre malette de vétérinaire avec ses médicaments? » Les mains! L’ostéopathie est une médecine holistique, qui considère l’individu comme un tout. Un symptôme ne peut pas être considéré séparément. Une cheville sera au minimum traitée en même temps qu’un sacrum. Lors d’épilepsie, l’ostéopathe devra s’enquérir de l’état de la faux du cerveau. Bizarre?!! Oui, mais tellement efficace (et basé sur des preuves scientifiques). Tellement complémentaire de la médecine allopathique: que ce soit en rééducation post chirurgicale, en médecine de sport pour optimiser les résultats, en entretien, en traitement de maladie chroniques ou aigües. De plus, l’ostéopathie ne connaît pas de frontière d’espèce: le cheval, le chien, le chat, le lapin,…tout le monde y passe! Généralement l’animal s’apaise sur la table de consultation au fur et à mesure de la séance. Cet apaisement marque son bien-être et son bien-être me procure de la joie. Parallèlement à l’ostéopathie, je me suis formée en 2014 à l’acupuncture, autre médecine holistique, qui permet de potentialiser cette première. De plus, elle permet d’étayer le diagnostic allopathique, par celui de la médecine traditionnelle chinoise. Des points de vue divers sont toujours enrichissants et complémentaires. En 2016, j’ai eu la chance de suivre l’enseignement et la pratique d’un cador dans la dermatologie vétérinaire, le Dr. Prélaud. Il m’a enseigné la rigueur dans l’anamnèse et les examens complémentaires: mon nouveau « meilleur compagnon de consultation » étant devenu le microscope! Ma spécialisation en cytologie vétérinaire en 2017 est la continuation logique de ce processus d’apprentissage: enrichir un diagnostic avec des examens complémentaires peu invasifs et rapides. En 2016, j’ai également eu la chance de suivre deux grandes spécialistes dans la médecine des NACs, le Dr. Fürst et le Dr. Guillon. Ils m’ont ouverts les yeux sur l’intelligence insoupçonnée de ces « p’tites bêtes » souvent injustement ignorées. La médecine en NAC est extrêment variée et peut s’avérer très pointue: pas d’ennui garanti! Ce souhait de me perfectionner en NAC date d’ il y a plusieurs années, lorsque j’ai travaillé en Allemagne dans une clinique spécialisée où la salle d’attente était remplie de lapins, mais aussi de toucans ou de serpents. Ne rêvons nous pas tous de pouvoir soigner les animaux, toutes espèces confondues? Pour parfaire mon diagnostic, j’ai commencé en 2017 une formation d’échographie abdominale. La médecine vétérinaire devenant de plus en plus pointue et les examens aussi. Parler du « plus beau souvenir » dans l’exercice de mon métier m’est difficile. Comment classer la joie que j’ai pu éprouver en sauvant une portée de bébé hérisson, en redonnant le goût à la course à un chien tétraplégique par le simple usage de mes mains, de redonner le sourir à un propriétaire qui avait perdu tout espoir,…?
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